Nous sommes au mois d'août... que ce soit au potager ou au jardin d'agrément, on ne peut se passer d'arrosage (ou alors il faudrait aussi se passer de récolte) mais lorsqu'il pleut c'est trop ou trop peu mais rarement comme ça nous arrange !

Je limite au maximum l'arrosage pour des raisons évidentes d'économie et d'écologie car je n'ai pas de récupérateur d'eau de pluie - pour le moment.
J'essaie de pailler au maximum, c'est à dire recouvrir le sol de matières organiques. Tout d'abord pour limiter l'évaporation aux pieds des plantations, limiter la pousse des herbes indésirables mais aussi pour éviter le lessivage des sols lorsque la pluie est trop importante (elle tasse le sol).
La vie souterraine est aussi beaucoup plus développée sous une couverture végétale et LA VIE c'est la base du jardin BIO-logique, non ? Et si en plus on arrive à enrichir et/ou améliorer son sol alors là...

Différents paillis essayés au jardin de la brindille :

-   Paillis potager en granulés, une exclu de botanic® :

paillis botanic

DSC06329Sur le stand botanic®  au salon de l'agriculture 2013


J'ai eu l'occasion de tester ce paillis en granulés : dans un bac à fleur, pour mes fraisiers en pleine terre et sur un massif mi-ombre. J'avoue que d'un point de vue esthétique j'ai tout d'abord été charmée, de plus la promesse d'enrichir le sol à l'enfouissage est très séduisante...
En revanche, sur la durée : bof bof ! Une croûte compacte de sciure se forme qu'il faut gratter et casser avec une griffe pour que l'eau pénètre dans le sol.
Au niveau des fraisiers, ça faisait bien propre au début, ça ne bouge pas avec le vent (mistral) et c'est plus pratique que la paille, la vraie. A moyen terme, je n'aime déjà plus trop : les fourmis ont déplacé les petits copeaux pour faire des monticules et se sont bien installées dans mes fraisiers pour les grignoter. Et mes pauvres fraisiers ont soif !
Il faudrait désormais beaucoup arroser rien que pour que le paillis puisse se ré-humidifier. Actuellement, je crois que l'eau ruisselle sur ou sous le paillis...
A réserver peut-être à des bacs ; et à arroser très souvent pour que jamais il ne se dessèche (mais quel est l'intérêt du paillis si on doit arroser tous les jours ?)

 

-   Paillettes de chanvre, achetées chez botanic® :

Gros coup de coeur : j
'adore la couleur blonde qui fait ressortir le feuillage vert et attire la lumière comme pas permis !
Le pH est neutre et les paillettes sont biodégradables, à enfouir en terre entre deux cultures.

DSC06721Au début de saison, à l'implantation du potager (qui n'a pas encore réussi à être beau cette année !! Arg ce mur atroce, à chaque fois que je le vois en photo : il me fait vomir !) à gauche le long des dalles, on aperçoit le paillage blanc des framboisiers et au milieu de la photo c'est un îlot entouré de galets pour les aromatiques et poivrons qui est paillé au chanvre. Les surfaces découvertes sont aujourd'hui recouvertes de paille.

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Paillis adopté pour mon projet "fleurissement" du puis = éradication de pustule 2013 (il va falloir que j'en parle de cette histoire là, car rien ne se passe jamais comme prévu ! )


Il faut reconnaître que 3 mois après, la couleur est plus... patinée ! L'eau circule mieux qu'avec les granulés de bois ; en revanche pour bien faire, il faudrait en remettre une couche aussi bien pour l'esthétique que pour l'écran anti-mauvaises herbes (les paillettes comme tout paillis s'enfouissent lentement dans la terre...).
Avec un sac de 70 litres, on en couvre pas mal quand même, il m'en faudrait quand même deux sacs pour pouvoir faire des retouches...

 

- Écorces de pins, récupérées au sol d'une pinède :

 

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Opération j'enlève tout ! Avec mon fidèle assistant ;-)

Avantage : c'est gratuit ! - si il y a des pinèdes dans le coin sinon ça se vend aussi à prix d'or !
C'est esthétique, ça ne bouge pas au vent, la dégradation est lente, les écorces sont grosses et ne s'enfoncent pas dans le sol. Par contre, c'est le refuge des limaces !
J'ai mis ces écorces sur le premier massif de vivaces que j'ai fait. Trois ans après, Daniel Lys, en visite à la maison, me fait remarquer que cela acidifie trop le sol et que toutes les vivaces n'apprécient pas.
Au début, les plantes n'avaient pas l'air de s'en plaindre ; là actuellement, comme je suis de plus en plus déçue des floraisons, des couleurs etc que prend ce massif,
j'ai revu ma copie en plein mois d'août pour passer au BRF (oui j'ai fait du BRF, non ce n'est pas la bonne saison - mais je ne le savais pas !)

Réservez les écorces et les aiguilles de pins à ceux qui aiment l'acidité... hop pour le rhododendron ;-)

-   le BRF :

 

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BRF : c'est le petit nom du bois raméal fragmenté autrement dit vos déchets de taille (haie) sont broyés tout de suite après la taille et aussitôt utilisés, sans être compostés. Que des avantages : d'abord c'est gratuit, cela enrichi et améliore le sol, encore faut-il avoir de la matière à broyer et surtout un broyeur (et un monsieur brouette ;-) ! On obtient de très bons résultats pour régénérer les sols (Le BRF le rend riche en micro-organismes). Il m'en faudrait des tonnes !! D'autant que cela limite considérablement les besoins en eau, Je viens de lire sur le site de gerbaud.com qu'un mètre cube de BRF stocke 350 litres d'eau comme une éponge !
Le BRF contribue même à ramener le pH vers la neutralité !
J'ai pu en tirer 4 sacs de 50 litres environ autant vous dire que mes massifs se battent pour le dernier sac !

C'est vraiment mon chouchou mais pas facile d'en avoir autant qu'on veut et quand on veut, je parle pour mon jardin bien entendu. J'ai bien zigouillé le maximum d'envahisseurs (du lierre et des rejets divers et variés) ce n'est pas encore le moment de tailler les haies et il ne s'agit pas non plus de faire un massacre à la tronçonneuse pour alimenter nos plates-bandes en BRF !

- la paille :

La bonne vieille paille, comme j'en avais acheté pour mes poules j'ai re-paillé mes fraisiers (par dessus les granulés), j'en ai mis au pieds des tomates etc au potager. Pas trop cher, je crois que je paye 3 euros la botte, je n'ai pas assez de recul pour savoir si cela améliore le sol, il parait que oui cela fourni du potassium à la terre. C'est pas si vilain, en tous cas au potager ça passe bien, moins zouli par contre pour les massifs d'ornement !
La paille usagée des poules finie sur le tas de compost, il parait que c'est de la bombe pour le potager ;-)

- le carton :

On peut utiliser des cartons bruns de récupération, sans encre ni plastique (il faut enlever le scotch, c'est une évidence mais ça peut-être assez fastidieux !).
Pour les courgettes, c'est pas mal ça retient bien l'humidité.
Le carton c'est de la cellulose et la cellulose les titites bêbêtes elles adorent ! Notamment les vers de terre (on utilise du carton déchiré dans les lombricomposteurs) q
ui sont nos meilleurs alliés au jardin .
Pour l'esthétique c'est zéro pointé -au début- mais une fois que les plants de courgettes sont un peu développés, on ne le voit plus.
Il est possible de le recouvrir avec un autre paillis décoratif pour des massifs par exemple car pour les mauvaises herbes c'est top (à condition que les cartons se superposent en plusieurs couches et se croisent bien !
Mais du paillis pour paillis, on ne s'en sort plus !!!
Inconvénient : pas vraiment possible de semer des fleurs (capucines) entre les courgettes...

- les plaquettes de hêtre

Et oui... hêtre ou ne pas hêtre, telle est la question ?

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Massif tout nouveau, côté pignon, installé depuis juillet et recouvert de plaquettes de bois.

J'ai bien peur que ça soit plus décoratif qu'autre chose, j'étais pressée quand je l'ai acheté : il fallait que je boucle le massif rapidos, je n'ai pas pris le temps d'étudier la question !

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Globalement les matières sont rares ou chères et on en a jamais assez pour le potager, le jardin d'agrément, les futurs massifs à préparer...
L'idée de dépenser de l'argent pour pailler me gêne un peu, je limite ; il se pourrait que je rachète l'année prochaine deux sacs de paillettes de chanvre et deux sacs d'écorces de hêtre pour entretenir les massifs (50 euros environ à prévoir) mais je n'ai pas envie de tester tous les paillis décoratifs existants !


Le BRF a vraiment toutes les qualités, l'essayer c'est l'adopter !
A petite échelle : lorsque je coupe quelque chose au jardin, par exemple des tiges défleuries, le feuillage des iris, je les détaille en petits morceaux sur place. Ce que l'on enlève au jardin, il faut le lui rendre, voilà un adage bien intéressant...